Rencontre avec Jennifer Noble, créatrice de sacs de luxe

"J’ai toujours été sensible au toucher, à la texture des matières. J’aime beaucoup les écailles des crocodiles. Je suis très attirée par tout ce qui est mat, moins par ce qui brille. Et il est vrai que le mat est plus agréable au toucher"

Au 70 rue Bonaparte, au cœur de Saint-Germain-des-Prés, dans une petite allée pavée, un showroom d’une grande finesse a pris ses quartiers. Il s’agit d’Iris Noble, marque confidentielle de sacs et accessoires qui sont des pièces uniques. Jennifer Noble, ancien top model américain, y expose sa collection. En tout, six modèles de sacs qui peuvent être déclinés en différentes combinaisons : le python côtoie le daim, le veau fusionne avec le crocodile et le galuchat sait trouver sa place entre le crin, les plumes ou la fourrure. Sacs, minaudières, accessoires… Jennifer Noble réalise ses modèles, produits en édition limitée et numérotés, à partir des cuirs exotiques les plus nobles. Son credo ? Renouer avec les techniques et le savoir-faire traditionnel français. Mandaley est allé à la rencontre de la créatrice qui puise dans ses ressources voyages pour nous offrir le meilleur de la maroquinerie de luxe.

Mandaley : Bonjour Jennifer Noble, vous avez lancé votre marque Iris Noble, des pièces uniques de maroquinerie réalisées à la main à l’aide de cuirs nobles. D’où vous est venue cette passion pour la maroquinerie de luxe ?
Jennifer Noble :
J’ai toujours été attirée par les peaux, les cuirs. C’est en voyageant un peu partout dans le monde que je me suis prise de passion pour la maroquinerie. Et puis en étant mannequin, j’ai toujours été en contact avec les plus beaux sacs, les plus beaux accessoires. Mais c’est aussi ma mère qui m’a transmis l’amour et le goût des belles pièces.

Mandaley : Vous accordez une grande importance au fait main et au 100 % Made in France. D’ailleurs, chaque modèle est fabriqué dans les ateliers de l’artisan Robert Mercier, un modéliste qui incarne l’excellence de la maroquinerie en France. Pouvez-vous nous expliquer le processus de la fabrication d’un sac ? Quelle est votre implication dans ce processus ?
Jennifer Noble :
Je commence par dessiner le modèle, on s’occupe des prototypes, je sélectionne les matières et les peaux que je souhaite introduire au sac, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. Ensuite, Robert Mercier récupère les peaux et les ramène dans son atelier pour procéder à la fabrication du sac, selon une fiche technique bien définie. Robert Mercier a travaillé pour toutes les grandes maisons de luxe, notamment Hermès. Aujourd’hui, il travaille en tant qu’indépendant, dans son atelier. Il a toujours cru en mon projet, qu’il a trouvé très atypique en ce sens que chaque modèle est unique et les peaux changent régulièrement et se déclinent en plusieurs coloris. Il se consacre à 100 % à la marque Iris Noble, il connaît beaucoup de choses, me conseille au niveau des matières, de la stabilité…Le but étant de créer un sac qui dure dans le temps, qui soit utile à toutes les femmes.

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Mandaley : Pour confectionner vos sacs, vous portez une attention toute particulière au détail, à la qualité…  Et vous voyagez surtout aux quatre coins du monde pour sélectionner avec soin des matières, les peaux, les cuirs. Pourquoi tel choix de cuir, de peau et pas un autre ? Est-ce au grès de vos envies ? De vos trouvailles ?
Jennifer Noble :
J’ai toujours été sensible au toucher, à la texture des matières. J’aime beaucoup les écailles des crocodiles. Je suis très attirée par tout ce qui est mat, moins par ce qui brille. Et il est vrai que le mat est plus agréable au toucher, du moins me concernant. Je trouve cela plus agréable que le vernis. En ce qui concerne les couleurs, j’affectionne tout particulièrement les couleurs chaudes, de la terre, de la nature, comme le vert, l’ocre… Cela rend aussi le sac plus intemporel, moins « à la mode ».

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Mandaley : Parmi votre collection de sacs, y en a-t-il un en particulier que vous chérissez ? Celui pour qui vous avez un vrai coup de cœur et dont vous ne pouvez vous séparer ?
Jennifer Noble :
Chaque sac est différent. Je les aime tous autant ! Le choix d’un sac ou d’un modèle dépend des périodes, de notre humeur du moment, de sa fonctionnalité. En ce moment, j’utilise beaucoup le sac baguette, que j’ai nommé après ma sœur « Lynn ». Vu que je me déplace souvent, il est facile à manier. En agneau, il contient une lanière en cuir ajustable et se porte aussi bien à l’épaule qu’à la main. Je peux le glisser très facilement dans une valise pour mes longs voyages, et je l’utilise aussi bien en journée que lors de soirées habillées. Il est pratique et passe-partout !

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La minaudière « Lynn »

Mandaley : Lors de la conception de chaque modèle, vous multipliez les poches zippées et les compartiments pour veiller aussi à l’aspect pratique et afin que ces petits bijoux de maroquinerie soient aussi commodes, notamment pour le voyage. Quelle est la définition du sac parfait selon vous ?
Jennifer Noble : Nous les femmes, nous avons toutes à peu près le même problème. Plus le sac est grand, moins il est facile de retrouver nos affaires à l’intérieur ! (rires). Les compartiments au sein d’un sac sont, pour moi, très importants. Je ne peux pas sortir sans mon téléphone portable, mes cartes de visite, mes clés ou encore mon rouge à lèvres. L’espace est important, et pour moi, le sac parfait vous permet de toujours rester organisé. C’est pour cela aussi que j’ai conçu la minaudière « Lisa ». On y retrouve un porte-carte intégré ou encore une petite poche pour le téléphone portable.

Mandaley : Quelle est la définition du luxe pour vous ?
Jennifer Noble :
Pour moi, le luxe, c’est avoir quelque chose que personne ne possède. Je n’ai jamais été inspirée par la mode, malgré mon passé de mannequin ! J’aime ce qui est discret, intemporel, pérenne et de bonne qualité. Telle est la définition du vrai luxe pour moi.  

Mandaley : Enfin, avez-vous pour projet de lancer une collection de sacs pour hommes ?
Jennifer Noble :
C’est déjà quelque chose sur lequel je travaille effectivement. J’ai déjà créé une ligne de backgammon en cuir de galuchat. J’ai des projets pour des sacs pour hommes, notamment des mallettes d’ordinateur, mais c’est un peu plus compliqué à concevoir, vu que l’on a moins de possibilité d’être créatif, de trouver des matières qui plaisent aux hommes également.

Mandaley : Parlons voyage à présent…Quelle est votre tenue idéale selon vous pour voyager ?
Jennifer Noble :
Tout d’abord des baskets ! (rires) Je trouve cela confortable et il n’y a rien de plus simple pour voyager. Avant j’étais très jeans. Aujourd’hui, je préfère les pantalons amples, en coton notamment. Et puis je suis un peu allergique à certaines matières, comme le synthétique. Je privilégie donc le coton, la laine, le cachemire. Et j’ai toujours un châle pour quand il fait plus frais dans la cabine, même l’été.

Mandaley : Quel est l’objet qui ne vous quitte jamais lors de vos voyages ?
Jennifer Noble :
J’ai du mal à l’admettre, mais je ne me sépare quasiment jamais de mon téléphone portable. C’est essentiel pour consulter ses mails, les réseaux sociaux… Mais je trouve ça important de se déconnecter quelques fois. C’est pour cela que j’emporte aussi un petit carnet avec moi en voyage, pour noter mes idées, dessiner…mais aussi une enveloppe dans laquelle je glisse des pages de magazines que j’ai arrachées et qui m’ont plu, pour mes inspirations futures.

Mandaley : Quel est votre endroit préféré dans le monde ?
Jennifer Noble :
C’est une question très difficile ! (rires). J’adore l’Asie, en particulier l’Inde, la Thaïlande, le Cambodge que j’ai eu la chance de visiter à l’époque où j’étais mannequin. Mais sinon, mon endroit préféré dans le monde est la Jamaïque, là d’où je viens et où je retrouve ma famille, mes amis, mes repères. Il n’y a aucun autre endroit dans le monde qui ne me rassure autant que cette île là.

Mandaley : A quand remonte votre dernier voyage ? Où était-ce ?
Jennifer Noble :
En Jamaïque justement ! J’y étais il y a deux semaines.

Mandaley : Si vous aviez un endroit à recommander en Jamaïque, lequel serait-ce ?
Jennifer Noble :
C’est un endroit qui s’appelle Frenchman’s Cove, une propriété datant des années 70, un hôtel perché sur une falaise, dans le nord-est de l’île. C’est un endroit d’une beauté incroyable de par sa végétation luxuriante, la rivière qui prend sa source de la montagne et qui se jette dans la mer des Caraïbes. On y va pour profiter de la plage, passer une journée entre amis, déjeuner au restaurant.

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Mandaley : Avez-vous une anecdote de voyage à nous raconter ?
Jennifer Noble :
Ça aussi c’est une question difficile ! Il y a plein de choses qui me soient arrivés en voyage. Il m’est arrivé de perdre ma valise entre deux vols, de relier le sud de la France à Ibiza en deux jours au lieu de quelques heures en raison d’une grève aérienne, d’avoir vu une partie de l’avion de la compagnie American Airlines se disloquer pendant le décollage (Heureusement, on a pu faire demi-tour et se poser en urgence), ou encore d’être restée bloquée en Inde à la douane, lors d’un shooting, pour une histoire de bagages. Il a fallu appeler l’ambassade, c’était assez intense et long. Il m’est arrivé plein de petites histoires comme ça !

Mandaley : Enfin, quelle est votre recette miracle pour contrer le Jetlag ?
Jennifer Noble :
Je n’ai pas vraiment de recette miracle. En général, j’essaie de me tenir à l’écart de tout ce qui est médicaments, comprimés pour dormir… Je suis très « bio » et privilégie les plantes naturelles pour me relaxer, favoriser la mélatonine. J’essaie aussi de boire énormément d’eau, de faire du sport, d’éviter la caféine. Pendant le vol, je privilégie des crèmes de nuit, des sérums pour tonifier ma peau. J’évite le plus possible de regarder des films et d’être devant un écran, pour pouvoir dormir pendant le vol et me reposer.

> Pour voir toute la collection Iris Noble, rendez-vous sur son site.

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