Dominique Gisin, portrait d’une skieuse polyvalente

A seulement 30 ans, Dominique Gisin a déjà raflé sept podiums dont trois victoires en Coupe du Monde et une médaille d’or lors des Jeux Olympiques de Sotchi. Skieuse alpine, spécialiste de descente, Super G et Slalom géant, l’athlète se passionne également pour l’aviation et la physique. Mais qui est réellement Dominique Gisin ? Rencontre. 

Mandaley : Vous avez commencé le ski très jeune, à l’âge de 7 ans. Qu’est ce qui vous a donné l’envie de vous lancer sur les pistes à un si jeune âge ?
Dominique Gisin :
Mes grands-parents et mes parents aiment le ski depuis toujours. C’est une affaire de famille, nous avons toujours été très attirés par le ski, par les pistes, par la neige. J’ai chaussé mes premiers skis à l’âge de 1 an. Cela m’a tout de suite plu. J’ai passé des moments incroyables sur les pistes, en famille. C’est là qu’on se réunit pour se retrouver tous ensemble. C’est une passion qui est restée et qui nous rapproche.

Mandaley : Votre petite sœur et votre petit frère sont également skieurs. Est-ce vous qui leur avez transmis cette passion pour le ski ? Si oui, quels conseils leur avez-vous donné ?
Dominique Gisin :
Mes parents adorent tellement le ski qu’ils nous ont tous emmené sur les pistes dès qu’on était en âge de marcher. On a tous un parcours différent, cela n’était pas prévu qu’on finisse tous skieurs. Il arrive que je leur donne des conseils, oui. Je les aide, néanmoins je trouve important de les laisser faire, de les laisser se dépatouiller à leur manière. C’est comme cela que l’on apprend le mieux. Et puis, eux aussi m’aident, me donnent quelques conseils à leur tour. C’est important d’échanger, peu importe l’âge ou l’expérience !

Mandaley : Vous avez suivi une formation de pilote d’avion de chasse dans les Forces aériennes suisses. Est-ce qu’il vous arrive encore de piloter des avions pendant votre temps libre ?
Dominique Gisin :
J’ai été sélectionnée par les Forces aériennes suisses quand j’étais très jeune. Malheureusement, j’ai du faire un choix entre ces deux activités. Quand j’ai eu ma première médaille en 2001, j’ai voulu terminer ma licence. Je suis actuellement en train de faire ma CPL (licence de pilotage commerciale) et je suis des cours de physique MIT (Massachusetts Institute of Technology) en Suisse car j’ai toujours rêvé de le faire, sans jamais vraiment avoir eu le temps avec le ski. Maintenant, j’essaie de rattraper le temps perdu…

Mandaley : Quels sont vos loisirs en dehors du ski ? Avez-vous le temps de les pratiquer ?
Dominique Gisin : J’aime beaucoup l’aviation. Cet été à Paris,  je me suis entraîné à voler, toute seule dans un petit avion. Je m’intéresse aussi beaucoup à la physique, aux mathématiques, comme je l’ai dit plus haut. Je lis aussi énormément. Mon livre de chevet : « Vous voulez rire, monsieur Feynman ! », par le prix Nobel de physique Richard Feynman lui-même. Il raconte des choses drôles qui se sont passées dans sa vie sans forcément se concentrer sur la physique, et je trouve ça instructif et ludique.

Mandaley : Les compétitions de sport de haut niveau impliquent une dose conséquente de stress. Comment vous relaxez-vous?
Dominique Gisin :
Mes loisirs font partie de mes instants de relaxation. Quand j’étais encore en train de skier, j’essayais de me détendre en pilotant un avion. J’avais besoin de recharger mes batteries dans les airs, de me changer les idées à dix mille mètres au dessus du sol. J’essayais aussi de me relaxer en allant au cinéma, en lisant un bon bouquin, ou tout simplement en sortant avec mes amis.

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Mandaley : Vous avez malheureusement été blessée lors de quelques étapes clés de votre carrière, notamment au cours d’une descente pendant les Jeux olympiques d’hiver de 2010. Comment vivez-vous ces périodes difficiles pendant lesquelles vous ne pouvez plus concourir ? Que faites-vous pour rester « dans la course » à ce moment là ?
Dominique Gisin :
C’est toujours dur d’être blessé, surtout quand on a des rêves qui se brisent. Pour tenir le coup, je me suis fixé de petits objectifs, que je devais atteindre. Du coup, avec le temps, on se renforce. Moi, je suis devenue une sorte de « Wolverine » qui voyaient ses petites blessures se soigner et progresser d’un jour à l’autre. Ca remotive, on se renforce, mais ce n’était pas facile, surtout après 5 ou 6 blessures où il devient dur de trouver le courage de repartir sur des compétitions de haut niveau.

Mandaley : Peut-on dire que ces épreuves ont contribué à forger votre succès ?
Dominique Gisin :
Je pense que oui, surtout au niveau émotionnel. C’est plus difficile de gagner une compétition après plusieurs blessures, mais psychologiquement, ça m’a rendu plus forte. Ça m’a également conforté dans mon choix de carrière, parce que même après toutes ces chutes, j’ai eu envie de retourner sur les pistes et de ne jamais abandonner la course.

Mandaley : Et, au contraire, est-ce que ce sont ces chutes difficiles qui vous ont poussé à prendre votre retraite ?
Dominique Gisin :
J’ai pris ma retraite car je pense avoir atteint mes limites. A la fin de l’été 2014, j’avais cette sensation de ne plus pouvoir m’améliorer, ni de travailler davantage mon côté technique. Je ne pouvais pas pousser plus, et avec tout le chemin que j’ai parcouru, je sentais que j’étais arrivée à la limite de là où je pouvais aller. Certes, les blessures sont dures et éprouvantes, mais je pouvais encore finir la saison. Ce ne sont pas les blessures qui m’ont poussé à mettre un terme à ma carrière.

Mandaley : Qui était votre plus grand adversaire ?
Dominique Gisin :
(rires) Fabienne Sutter ! C’est ma très bonne copine, mais également ma plus grande adversaire pendant les courses. On a toutes les deux commencé à l’âge de 7 ans, on a dévalé les pistes ensemble, jusqu’à la dernière course. Nous nous sommes affrontées jusqu’à la fin, mais toujours dans la bonne humeur. J’en garde de très bons souvenirs.

Mandaley : Préparez-vous actuellement de futurs champions ?
Dominique Gisin :
J’essaie d’aider des athlètes que je connais ou qui connaissent ma sœur. Je leur donne quelques conseils, des astuces…Je ne les « coach » pas, mais j’essaie de les préparer psychologiquement. Je leur ai dit que mes portes étaient ouvertes pour partager mes expériences et mon parcours. Je ne pense pas non plus me lancer dans une carrière d’entraîneur pour de futurs champions, car pendant longtemps, j’ai skié pour les compétitions, les entraînements. C’est un peu égoïste ce que je vais dire, mais aujourd’hui, j’ai envie d’utiliser mon temps libre pour profiter de la bonne neige, des paysages, des montagnes. Skier pour moi.

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