Alizée Baron nous parle du ski cross

Elle n’a que 23 ans, bientôt 24, et pourtant, Alizée Baron, championne de ski cross, possède déjà un palmarès fulgurant. Arrivée 20e lors des Jeux Olympiques d’Hiver de Sotchi, elle n’en démord pas pour autant et obtient sa première médaille d’or pendant la Coupe du Monde à Are en février dernier. La sportive française, motivée par l’adrénaline et le dépassement de soi, nous explique en profondeur cette discipline sportive du ski acrobatique.

Mandaley : Pourquoi avoir choisi le ski cross comme discipline ? Quelles sensations cette discipline vous procure-t-elle ?
Alizée Baron :
J’ai toujours fait du ski alpin, je suis née sur les pistes. En grandissant, j’ai eu envie de changer de discipline, je me suis donc tournée vers le ski cross. Cela m’a tout de suite plu. C’est le côté fun et compétition que j’aime le plus dans le ski cross. On éprouve une réelle satisfaction quand on arrive à dompter la piste. Le fait de découvrir différents parcours me stimule également, c’est une appréhension qui se transforme en euphorie, et j’adore ça.

M : A quel âge avez-vous débuté sur les pistes ?
A.B :
Comme je l’ai dit précédemment, je suis née sur les pistes. C’est-à-dire que j’ai chaussé mes premiers skis à l’âge de 2-3 ans. Ensuite, c’est pendant mon adolescence, à 16 ans, que je me suis prise de passion pour le ski cross.

M : Est-il nécessaire de débuter très jeune ou est-il possible de commencer tardivement ? Et surtout le ski cross peut-il être pratiqué par tous ?
A.B :
Il est tout à fait possible de commencer le ski cross tardivement, et tout le monde peut le pratiquer. C’est un sport abordable du fait que de plus en plus de stations se tournent vers le ski cross et créent des parcours permanents ouverts à tous. Il n’est pas nécessaire d’avoir un très bon niveau en ski, juste du courage, de la persévérance et de connaître ses limites d’engagement pour éviter les blessures. Cependant, pour pratiquer le ski de haut niveau, il est préférable de commencer jeune.

M : Avez-vous rencontré des difficultés à vous imposer dans le milieu du ski cross ? Vous a-t-on fait des remarques sur votre jeune âge ou du fait d’être une femme parmi tant d’hommes ?
A.B :
Non, je n’ai pas rencontré de grandes difficultés à m’imposer parce que le ski cross est l’un des rares sports mixtes, où l’on trouve autant de femmes que d’hommes. Les compétitions et les parcours sont du même niveau pour les athlètes féminins et masculins.
En ce qui concerne l’âge, c’est la maturité qui m’a permis d’avancer et d’acquérir de la légitimité. D’autant plus que le ski cross est un sport qui voit beaucoup de jeunes arriver et ces jeunes athlètes suivent souvent le modèle des plus expérimentés en les observant par exemple. Le ski cross demande une réelle connaissance de soi et une super forme physique, chose que l’on acquiert avec l’expérience. Il y a aussi tout le coté tactique de course qui s’apprend uniquement sur le terrain.

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M : Comment vous préparez-vous avant chaque épreuve ?
A.B :
Le ski est une discipline particulière qui nécessite une longue préparation. On s’entraîne 6 mois dans l’année pour 3 mois de compétition. Mais la préparation mentale est aussi importante que l’entraînement physique. Avant chaque compétition, il est primordial de bien gérer son stress, de ne pas s’éparpiller ; c’est pour cela que la maturité est importante dans cette discipline.

M : Sur quelles pistes et stations vous sentez-vous le plus à l’aise pour vous entraîner ? Et pourquoi ?
A.B :
Je n’ai pas vraiment de parcours préféré, ni de pistes favorite. Mais j’ai une grande préférence pour les grands sauts et les pentes raides, ça m’apporte l’adrénaline nécessaire et ça fait du bien !

M : Quel effet cela vous a-t-il fait d’avoir été sélectionnée aux JO en février 2014 ? Et surtout quel effet cela vous a-t-il fait de remporter votre première coupe du monde de Ski cross à Are en février 2015 ?
A.B :
Sur le coup, je n’ai pas été trop choquée car en soi, c’est une compétition comme une autre. J’avais surtout très hâte d’y être. C’est davantage l’engouement qu’il y a eu autour, le fait de représenter la France aux Jeux Olympiques, qui m’a fait prendre conscience de la vraie ampleur de l’événement. J’ai ressenti une immense fierté, une réelle motivation de réussir les JO.
En remportant ma première coupe du monde de ski cross à Are en février dernier, j’ai ressenti la même fierté. C’est en franchissant la ligne d’arrivée que j’ai pris conscience de ce qu’il m’arrivait. J’avais l’impression d’avoir remercié à juste valeur les gens pour leur soutien sans faille.

M : Quelle est la plus belle course à laquelle vous avez participé ?
A.B :
Sans hésiter, les Jeux Olympiques d’hiver en février 2014. C’est l’un des plus beaux parcours que j’ai réalisé et l’ampleur de l’événement fait qu’il est difficile de vivre un moment plus fort.

M : Participez-vous à l’élaboration de vos skis ?
A.B :
Je collabore actuellement avec la marque française de ski DYNASTAR où j’ai la chance de développer des skis qui me conviennent, d’effectuer des tests et d’améliorer certains points. La marque est à l’écoute de ses athlètes, ce qui participe éventuellement au bon déroulement des entraînements et des compétitions. C’est important de choisir les skis et le matériel qui nous plaisent.

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